En 2022, la Fabrique de Saint-Félix-d’Otis a mandaté un comité afin de réfléchir à l’avenir de l’église. L’objectif : préserver ce bâtiment patrimonial important et explorer les possibilités de lui donner une nouvelle vocation au service de la communauté.
Le projet consiste à reconvertir l’église de Saint-Félix-d’Otis en un lieu multifonctionnel moderne à quatre vocations : religieuse et spirituelle, communautaire, culturelle et fonctionnelle. Il vise à préserver l’intégrité architecturale et patrimoniale du bâtiment tout en adaptant ses espaces pour répondre aux besoins actuels du milieu.
Le projet prévoit notamment l’aménagement d’aires polyvalentes pour des activités collectives, le maintien d’un espace de recueillement dans le chœur, l’intégration d’équipements et d’infrastructures contemporains ainsi que la centralisation des organismes actuels. Des aménagements supplémentaires sont également envisagés, tels que des espaces de diffusion culturelle et l’ajout éventuel d’un café.
L’ensemble s’inscrit dans une démarche progressive, structurée par phases, permettant de transformer l’église en un lieu vivant, utile et ancré dans sa communauté.
L’église de Saint-Félix-d’Otis est importante à conserver parce qu’elle possède une forte valeur historique, patrimoniale, architecturale et identitaire.
Sur le plan de l’histoire, elle est directement liée aux débuts du village. Elle témoigne de l’implantation des premières familles autour du lac Otis, de l’évolution de la paroisse et de la croissance de la communauté à travers les générations. Depuis plus d’un siècle, ce lieu accompagne la vie collective et fait partie de la mémoire de Saint-Félix-d’Otis.
Sur le plan architectural, l’église actuelle, construite entre 1953 et 1956 selon les plans des architectes Alfred Lamontagne et Armand Gravel, représente une architecture religieuse de transition au Québec. Elle combine une silhouette traditionnelle avec des caractéristiques plus modernes du milieu du XXe siècle. Sa volumétrie, son clocher, sa façade en béton, sa nef à un vaisseau et son chœur en saillie en font un bâtiment marquant dans le paysage du village. L’église conserve également plusieurs éléments patrimoniaux remarquables, dont les vitraux du chœur, les verres peints, les fenêtres en bois, le décor peint par Claude Grenier et le plancher en marbre d’origine. La présence de l’ancien presbytère à proximité renforce aussi la valeur historique et architecturale de l’ensemble.
Enfin, l’église constitue un repère majeur au cœur du village. Elle participe à la qualité du paysage, au sentiment d’appartenance et à l’identité collective de la communauté. La conserver, ce n’est pas seulement préserver un bâtiment : c’est protéger un témoin important de l’histoire locale et un lieu porteur pour l’avenir.
Dans plusieurs cas, démolir un bâtiment comme une église peut coûter aussi cher — et parfois plus cher — que de le reconfigurer. La démolition implique notamment des travaux importants, la gestion des matériaux, le transport et l’enfouissement des débris. La reconversion permet plutôt de conserver une structure existante et de lui donner une nouvelle utilité.
Depuis le début de la démarche, plusieurs travaux ont été réalisés pour mieux comprendre le potentiel du bâtiment et préparer la suite du projet.
UN CARNET DE SANTÉ POSITIF
Un carnet de santé du bâtiment a été réalisé afin d’évaluer l’état général de l’église et de documenter la structure, les composantes principales et les éléments architecturaux.
Les résultats ont montré que l’église était structurellement saine, avec plusieurs éléments d’origine encore en place contribuant à sa valeur patrimoniale.
Cette évaluation a confirmé la pertinence et la faisabilité d’une reconversion, moyennant des travaux progressifs pour en assurer la pérennité.
Premières consultations et discussions avec différents partenaires
Études de faisabilité pour différents scénarios de reconversion
Esquisses et plans préliminaires réalisés par des architectes
Recherches de programmes de financement
Comme c’est souvent le cas dans les projets patrimoniaux, certaines dépenses doivent être engagées dès le départ afin d’accéder aux programmes de soutien et aux autres sources de financement.
La campagne de financement actuelle vise à franchir ces premières étapes et à assurer la poursuite du projet.
Un montant de près de 180 000 $ déjà confirmé pour lancer l’initiative.
Une contribution de 140 000 $ du Conseil du patrimoine religieux du Québec sera dédiée à la restauration des fondations, une étape essentielle à la survie du bâtiment. À cela s'ajoutent 39 800 $ de la MRC du Fjord-du-Saguenay pour la restauration des fenêtres, la production d’esquisses et la caractérisation de la structure.
Ces apports couvrent environ 70 % des coûts de la phase 1, consacrée aux travaux structuraux.
LES PROCHAINES ÉTAPES
La prochaine phase du projet vise à franchir certaines étapes nécessaires pour poursuivre la démarche. Ces actions permettront de consolider le projet et d’accéder à d’autres sources de financement.